Kolwezi : La visite de Sama Lukonde Kyenge enflamme les tensions et fracture davantage la communauté lualabaise

Le Président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, est arrivé à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, ce samedi 1ᵉʳ mars 2025, tel un messager de paix dans une poudrière prête à exploser.

Dès son arrivée, il a convoqué une réunion cruciale dans la salle polyvalente Docteur Tembele au quartier Joli site, réunissant l’élite politique, les représentants de la société civile, les confessions religieuses, les chefs coutumiers et d’autres composantes sociales, avec pour mission de prêcher la cohabitation pacifique dans un contexte où la République démocratique du Congo subit une guerre implacable, imposée par le Rwanda.

Mais ce qui devait être un appel à l’unité s’est transformé en un théâtre de violence et d’intolérance. Lors de cette rencontre, le coordonnateur du cadre de concertation de la société civile, Maître Schadrack Mukad, a, au nom de toutes les composantes de la société civile, osé briser l’omerta en dénonçant, dans un mémorandum incisif, l’inexistence de Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) viables, l’injuste répartition des richesses naturelles, l’insécurité galopante et autres faits, des fléaux qui étouffent la population. Une vérité qui a fait l’effet d’une bombe pour le communicateur de la gouverneure de province, Walamina, un assimilé aux Journalistes membre du parti présidentiel UDPS au Lualaba, et ses alliés, directement pointés du doigt par la société civile.

Pris de rage, Walamina et sa bande ont littéralement perdu tout sens de la retenue. Dans un déchaînement de violence, ils ont agressé Maître Schadrack Mukad sous les regards du Président du Sénat, de la gouverneure et de toute l’assistance, comme si la loi n’existait plus. Mais leur furie ne s’est pas arrêtée là : à l’extérieur de la salle, ils l’ont pourchassé avec une brutalité inouïe, comme un enfant désobéissant recevant une correction humiliante en public.

L’indignation a embrasé les réseaux sociaux, où la société civile crie au scandale. Car Walamina n’en est pas à son premier forfait : ce même personnage s’était déjà illustré en insultant l’ancien gouverneur Richard Muyej, une figure éminente du Lualaba, allant jusqu’à orchestrer un simulacre d’enterrement en payant un cercueil à son nom. Et pourtant, il continue de jouir d’une impunité insolente, défiant la justice avec arrogance.

À ce moment, Maître Schadrack Mukad fait face à plusieurs menaces. Depuis son intervention courageuse, il subit une pression constante de la part de ceux qui veulent le réduire au silence. Des messages d’intimidation fusent de toutes parts, mettant en danger sa sécurité et celle de ses proches.

Au Lualaba, dire la vérité devient un crime impardonnable, et ceux qui osent la proclamer se retrouvent lynchés, traqués et réduits au silence.

Pascal MULAND depuis Kolwezi